Lorsqu'un préjudice se répète chaque année dans l'avenir (perte de revenus, tierce personne, frais de santé futurs), son indemnisation en capital se calcule en multipliant le montant annuel par le prix de l'euro de rente lu dans un barème de capitalisation, selon l'âge et le sexe de la victime et la durée de la rente. Ce prix dépend de la table de mortalité et du taux d'actualisation : plus le taux est bas, plus le capital est élevé. Aucun barème n'étant imposé par la loi, son choix se discute.
Une perte de revenus jusqu'à la retraite, une aide humaine à vie, des frais qui reviennent chaque année : ces préjudices se mesurent en euros par an, mais s'indemnisent le plus souvent en une seule fois. Le passage de l'un à l'autre repose sur un outil technique, le prix de l'euro de rente, dont les paramètres pèsent lourd sur le résultat.
Certains préjudices ne s'arrêtent pas à la date du jugement ou de la transaction : une perte de revenus qui durera jusqu'à la retraite, une aide humaine nécessaire à vie, des frais de santé qui se renouvelleront chaque année. Ils se mesurent en montant par an.
Or l'indemnisation est le plus souvent versée en une seule fois, sous forme de capital. Il faut donc convertir une suite de sommes annuelles futures en un capital payé aujourd'hui. C'est l'objet de la capitalisation.
La période déjà écoulée se calcule autrement : les pertes subies entre l'accident et la date de l'évaluation (les « arrérages échus ») se chiffrent sur justificatifs. Seule la période à venir (les « arrérages à échoir ») est capitalisée.
Le calcul tient en une multiplication :
Capital = montant annuel du préjudice × prix de l'euro de rente
Le prix de l'euro de rente est le capital qu'il faut verser aujourd'hui pour servir 1 € par an pendant la durée considérée.
Ce prix se lit dans un barème de capitalisation. La ligne correspond à l'âge de la victime à la date à laquelle la rente est attribuée (en pratique, la date de l'évaluation). La colonne correspond à la durée de la rente : à vie (rente « viagère ») ou jusqu'à un âge donné (rente « temporaire », par exemple jusqu'à l'âge de la retraite).
L'exemple publié avec le barème de la Gazette du Palais 2025 : pour une femme de 32 ans et une rente viagère de 1 000 € par an, le prix de l'euro de rente est de 46,424 avec les tables de mortalité stationnaires, soit un capital de 46 424 € ; il est de 49,883 avec les tables prospectives, soit 49 883 €.
Source : Gazette du Palais, barème de capitalisation publié le 14 janvier 2025 (réf. GPL471y4), taux d'actualisation 0,5 %, tables INSEE.
Le même préjudice annuel peut conduire à des capitaux sensiblement différents selon les paramètres retenus :
L'écart entre tables stationnaires et prospectives est plus marqué pour une rente viagère que pour une rente temporaire qui s'arrête à l'âge de la retraite, puisque les tables divergent surtout aux âges élevés.
Le choix de la colonne dépend du poste de préjudice et de la situation de la victime :
Retenir la mauvaise colonne, ou la table du mauvais sexe, suffit à fausser l'ensemble du calcul.
Aucun barème de capitalisation n'est imposé par la loi. Plusieurs coexistent, qui ne reposent pas sur les mêmes tables de mortalité ni sur le même taux d'actualisation. Pour une même victime et un même préjudice annuel, ils peuvent donner des capitaux différents.
Le barème retenu est donc un point de discussion, dans une négociation avec l'assureur comme devant le juge. Le cabinet se réfère au barème publié par la Gazette du Palais en 2025, construit avec un taux d'actualisation de 0,5 % et les tables INSEE les plus récentes, stationnaires (2020-2022) et prospectives (2021-2121).
Référence : Gazette du Palais, barème de capitalisation publié le 14 janvier 2025 (réf. GPL471y4).
Pour certains postes, notamment l'assistance par tierce personne, l'indemnisation peut prendre la forme d'une rente versée périodiquement plutôt que d'un capital. La rente suit la vie de la victime ; le capital lui donne immédiatement la maîtrise des fonds. Le choix dépend de chaque situation et mérite d'être discuté avant d'accepter une offre.
C'est le capital qu'il faut verser aujourd'hui pour servir 1 € par an pendant une durée donnée, à vie ou jusqu'à un certain âge. Multiplié par le montant annuel du préjudice, il donne le capital d'indemnisation. Il se lit dans un barème de capitalisation selon l'âge et le sexe de la victime.
En multipliant le montant annuel du préjudice par le prix de l'euro de rente correspondant. Exemple publié avec le barème de la Gazette du Palais 2025 : pour une femme de 32 ans et une rente viagère de 1 000 € par an, le capital est de 46 424 € avec les tables stationnaires et de 49 883 € avec les tables prospectives.
Une table stationnaire reflète la mortalité observée sur une période donnée ; une table prospective anticipe les gains futurs d'espérance de vie. Les tables prospectives conduisent à un prix de l'euro de rente plus élevé, l'écart étant plus marqué pour une rente viagère que pour une rente temporaire.
Aucun barème n'est imposé par la loi et plusieurs coexistent, avec des tables et des taux d'actualisation différents. Le choix du barème se discute avec l'assureur ou devant le juge. Le cabinet se réfère au barème publié par la Gazette du Palais en 2025 (taux d'actualisation de 0,5 %, tables INSEE récentes).
Non. Les pertes subies entre l'accident et la date de l'évaluation se chiffrent sur justificatifs. Seules les pertes à venir sont capitalisées.
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Capital = montant annuel × prix de l'euro de rente. Âge, sexe, table de mortalité et taux d'actualisation font varier le prix, et le choix du barème se discute.
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