L'incidence professionnelle indemnise les conséquences durables du dommage sur la vie professionnelle qui ne se réduisent pas à une perte de salaire : pénibilité accrue, dévalorisation sur le marché du travail, perte de chance, reclassement, abandon de la profession ou conséquences sur la retraite. Elle doit être démontrée à partir du métier, du parcours et des séquelles de la victime, et distinguée des pertes de gains professionnels futurs pour ne pas indemniser deux fois la même conséquence.
Une victime qui reprend son travail au même salaire, mais en souffrant, n'a pas de perte de revenus. Elle a pourtant perdu quelque chose, et la nomenclature lui donne un nom : l'incidence professionnelle. C'est l'un des postes les plus souvent oubliés.
L'incidence professionnelle indemnise les conséquences durables du dommage sur la vie professionnelle qui ne se réduisent pas à une perte de salaire. Dans la nomenclature Dintilhac, elle vise notamment :
Les pertes de gains professionnels futurs indemnisent la différence arithmétique entre ce que la victime aurait gagné et ce qu'elle gagnera. L'incidence professionnelle indemnise tout le reste : ce que le travail coûte désormais, ce qu'il ne permet plus d'espérer.
Les deux postes coexistent souvent, mais ils ne doivent pas indemniser deux fois la même conséquence. Une victime qui garde son salaire mais travaille dans la douleur n'a pas de perte de revenus — elle a une incidence professionnelle.
L'incidence professionnelle n'est pas réservée aux salariés en poste. Un étudiant dont le projet professionnel devient impossible, une personne en recherche d'emploi dont les chances diminuent, un jeune apprenti contraint de changer de voie : tous peuvent subir une incidence professionnelle.
Pour un enfant ou un étudiant, la question rejoint souvent celle du préjudice scolaire, universitaire ou de formation, qui est un poste distinct.
L'incidence professionnelle se démontre concrètement, à partir de la situation propre à la victime :
Lorsque la victime perçoit une rente ou une pension d'un organisme social, ces prestations peuvent venir en déduction de certains postes de préjudice. Cette imputation s'opère poste par poste, et il faut vérifier sur quel poste elle porte : une imputation mal ventilée réduit indûment ce qui revient à la victime.
Oui, potentiellement. La pénibilité accrue du travail relève de l'incidence professionnelle, qui ne suppose pas de perte de revenus. Elle doit être démontrée à partir de votre poste et de vos séquelles.
Les pertes de gains professionnels futurs indemnisent la différence de revenus. L'incidence professionnelle indemnise les autres conséquences : pénibilité, dévalorisation, perte de chance, reclassement. Les deux postes peuvent coexister sans indemniser deux fois la même chose.
Oui. Lorsque le dommage compromet un projet professionnel ou oblige à changer de voie, une incidence professionnelle peut être caractérisée, à côté du préjudice scolaire, universitaire ou de formation.
Les prestations versées par les organismes sociaux peuvent s'imputer sur certains postes, poste par poste. Il faut vérifier sur quel poste l'imputation est opérée : une ventilation erronée réduit indûment l'indemnisation.
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L'incidence professionnelle couvre ce qui n'est pas une perte de salaire : pénibilité, dévalorisation, perte de chance, reclassement. Elle se prouve concrètement.
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