Lorsqu'une personne meurt des suites d'un accident, ses proches peuvent obtenir réparation de leurs propres préjudices, dits « par ricochet » : préjudice d'affection, frais d'obsèques, perte des revenus que le défunt apportait au foyer et, lorsque le décès n'a pas été immédiat, préjudice d'accompagnement. Les droits nés dans le patrimoine du défunt avant son décès passent en outre à ses héritiers. Dans un accident de la circulation, l'assureur doit présenter son offre aux héritiers et, s'il y a lieu, au conjoint (article L. 211-9 du code des assurances). L'action de la victime indirecte relève de la prescription de dix ans de l'article 2226 du code civil.
Au deuil s'ajoutent, très vite, les courriers de l'assureur, les frais, parfois la disparition du principal revenu du foyer. Le droit reconnaît aux proches des préjudices qui leur sont propres : encore faut-il les identifier tous, et ne rien signer trop tôt.
Deux catégories de demandes coexistent et ne doivent pas être confondues :
La distinction a des effets concrets : les bénéficiaires ne sont pas forcément les mêmes, et un proche qui n'est pas héritier peut malgré tout être indemnisé de son propre préjudice.
La nomenclature Dintilhac, qui sert de référence aux juridictions et aux assureurs, distingue notamment :
La perte de revenus du foyer est souvent le poste le plus important, et le plus technique : il suppose de reconstituer les revenus du défunt, sa part d'autoconsommation, la durée de la charge des enfants, puis d'appliquer un prix de l'euro de rente.
Le préjudice d'affection n'est pas réservé aux héritiers ni à une liste fermée de parents : conjoint, partenaire de Pacs, concubin, enfants, parents, frères et sœurs, grands-parents peuvent l'invoquer, et un proche sans lien de parenté peut le faire s'il démontre une relation affective réelle. Son évaluation tient compte de l'intensité du lien, de la cohabitation et des circonstances du décès.
| Type d'accident | Ce qu'il faut savoir | Texte |
|---|---|---|
| Accident de la circulation | Le préjudice des proches est réparé en tenant compte des limitations ou exclusions applicables à la victime directe : une faute du défunt conducteur peut donc leur être opposée. L'assureur fait son offre aux héritiers et, s'il y a lieu, au conjoint. | art. 6, loi du 5 juillet 1985 art. L. 211-9 C. assur. |
| Infraction (homicide, violences) | Les ayants droit d'une victime décédée peuvent être indemnisés de leur préjudice personnel par la CIVI, qui fait intervenir le Fonds de garantie (FGTI). Délai de principe : trois ans à compter de l'infraction, prorogé en cas de poursuites pénales. | art. 706-3 CPP art. 706-5 CPP |
| Accident médical | Les ayants droit peuvent saisir la CCI. Sans consolidation de l'état de la victime avant son décès, le délai de dix ans court à compter du décès. | Service-public F13318 |
| Accident du travail | En cas de faute inexcusable de l'employeur, les ayants droit ont droit à une indemnisation complémentaire. | art. L. 452-1 CSS |
Dans un accident de la route, la loi prévoit aussi que la première correspondance de l'assureur informe du droit d'être assisté par un avocat et un médecin (art. L. 211-10 C. assur.).
L'article 2226 du code civil soumet à la prescription de dix ans l'action en responsabilité née d'un dommage corporel, « engagée par la victime directe ou indirecte » (art. 2226 C. civ.). Son point de départ, ainsi que les délais propres à certains régimes (CIVI, Fonds de garantie), se vérifient au cas par cas : voir notre guide des délais.
Textes consultés le 24 septembre 2026. Information générale : chaque indemnisation dépend du dossier.
Les proches qui subissent un préjudice personnel : conjoint, partenaire de Pacs, concubin, enfants, parents, frères et sœurs, grands-parents, et plus largement toute personne qui démontre un lien affectif réel avec le défunt. Les préjudices économiques supposent en outre une dépendance économique ou des frais réellement exposés.
C'est le préjudice moral personnel d'un proche causé par le décès de la victime directe. Il s'évalue selon l'intensité du lien, la cohabitation et les circonstances du décès, et non d'après un simple tableau de parenté.
Dans un accident de la circulation, le préjudice des proches est réparé en tenant compte des limitations ou exclusions applicables à la victime directe (article 6 de la loi du 5 juillet 1985). La faute du conducteur décédé peut donc réduire ou exclure l'indemnisation de ses proches ; son existence et sa portée se discutent au cas par cas.
À la suite d'un accident de la circulation, l'offre est faite aux héritiers et, s'il y a lieu, au conjoint de la victime décédée (article L. 211-9 du code des assurances).
L'action en responsabilité de la victime indirecte relève de la prescription de dix ans de l'article 2226 du code civil. Des délais plus courts existent pour certains régimes, comme la CIVI : ils doivent être vérifiés dès le début.
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Préjudices propres des proches + droits du défunt transmis aux héritiers. Ne rien signer avant un chiffrage complet, poste par poste et proche par proche.
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